Objectif Terre  | Au Nom de la Déesse-Mère

Objectif Terre | Au Nom de la Déesse-Mère

Le blog-notes d'Olivier Daniélo | Eco-SphèriToile-ité. La crise écologique est une crise de filiation | « Il faut encore avoir du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse (...) Zarathoustra (Sosie d'Abraham) créa cette fatale erreur qu'est la morale ; par conséquent il doit aussi être le premier à reconnaître son erreur » (Friedrich Nietzsche) | « Chaos ne signifie pas désordre » (Ilya Prigoine) | « Mais nous n'avons pas de Père. Varie toute seule nous a mis au monde » (Vari Ma Te Takere, Chant de la création, île Mangaïa) | « Le mariage détruit les familles» (dicton des Mosos du Tibet) | « La solution communiste de ce problème est l’organisation matriarcale, qui est en même temps la forme la plus parfaite de vie en société puisqu’elle libère et unit tout le monde en faisant du corps social lui-même le centre et la garantie de la plus haute liberté individuelle. Le matriarcat ne connaît pas de limites ni de normes, pas de morale ni de contrôle en ce qui concerne la sexualité » (Otto Gross, psychiatre) | Ana Al Haqq | 2007-2017: 3.805.434 pages vues | Vous cherchez un article ? RDV sur google.fr: écrire ses mots clés suivis de l'opérateur site:electric-ecosystem.com | @ElectricEcosyst | Contact: olivierdanielo (at) gmail.com | Bio: https://sites.google.com/site/olivierdanielo/

La plus belle histoire du monde: Ninhursag et Enki sur l'île de Dilmun

La présente page n'est pas accessible depuis la page d'accueil de mon blog, elle est uniquement accessible à celles et ceux qui connaissent l'adresse de cette page. J'ai enfin trouvé LE mythe fondateur qui me manquait pour terminer mon Livre sur le thème Sexe, Religion et Ecologie (Ecologie, Science de la Maison), c'est vraiment Génial ! Ce Livre est le fruit de 9 ans de réflexions sur l'écologie (synthèse des 6000 articles de mon blog Objectif Terre, 2007-2012, et de ceux de mon blog Planète Bleue, 2004-2007).


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Le mythe sumérien d’Adam et Eve, du péché originel

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Texte original disponible ici (déchiffrage de trois tablettes avec écriture cunéïforme, retrouvées au niveau des anciennes villes d'Ur et Nippur):
www.arch.unibe.ch/content/e8254/e9161/e9677/1_1_1_ger.pdf

Il était une fois une île calme, Dilmun, une île splendide, dans le Golfe Persique (la "mer amère", salée), au large de Sumer (au large du Chatt-el-Arab, où les femmes et les hommes inventèrent l'agriculture et l'écriture). La déesse de la terre Nin-Hursag et le dieu de l'eau douce Enki  se rendirent sur cette île paradisiaque et y conçurent une magnifique fille, Sikila ( = Nisi), la déesse des plantes qui offrent fruits et légumes.

C’était certes une île paradisiaque, mais sans eau douce. « Cette île est splendide, mais que puis-je faire s'il n’y a pas d’eau douce ?» demanda Sikila. Enki (dont le nom signifie "la maison de l'eau") trouva l’eau douce, creusa alors avec son sexe puissant des puits et des canalisations pour faire couler l’eau. Avec son sexe, il arrosa l'île. Les plantes purent alors pousser et donner des légumes et des fruits, l’île devint verte.
"Enki, pris d'une inspiration (subite), creuse avec son pénis dans les talus, en direction de Nintur, plonge son pénis dans la cannaie, fait jaillir avec son pénis un immense et tendre manteau (de verdure)". Enki désira alors Sikila, sa propre fille, et une autre déesse naquit de leurs relations sexuelles, Kura, la déesse des plantes qui offrent des matériaux pour le filage. Le désir est lié au serpent Isimu, conseiller d'Enki. Enki désira aussi Kura, et elle donna naissance à Imma. Enki désira Imma, et ils donnèrent naissance à la déesse Utta, la déesse du filage.

Enki désira Utta. Utta demanda à Enki de lui apporter raisins, pommes et concombres. Mais au lieu de le faire lui-même, Enki fît en fait travailler un jardinier à sa place. "Enki se maquilla les yeux en vert". Utta crû que c’était Enki qui avait travaillé pour elle, elle fût très heureuse de recevoir les fruits, et accepta d’avoir une relation sexuelle avec lui. Mais Utta souffrit de la relation sexuelle avec Enki « Oh! mes cuisses! Oh! mon corps! Oh! mon ventre! ». Elle avait été trompée, ce n’étaient pas des graines issus de l'amour qu'elle attendait, mais juste d’un désir sexuel éphémère. Elle s'est sentie comme violée. Les fruits et légumes apportés par Enki n’étaient pas issus de son propre travail et ne traduisait donc qu'un Amour superficiel, un Amour non équilibré.

La déesse-mère Ninhursag intervint alors, et parvint à retirer la semence d’Enki de l’Utérus d’Utta (avortement pré ou post embryonnaire, vraissemblablement pré-embryonnaire). La déesse-mère mis alors la semence récupérée dans la terre et il en sorti des plantes médicinales fortes et puissantes. Elle interdit à Enki de consommer ces plantes liées au bien (guérir) et au mal (souffrances), c'est à dire de consommer les fruits de l'arbre de la connaissance du bien et du mal.

Mais Enki désobéit (le péché originel), ce qui rendit Ninhursag furieuse. Il consomma les plantes, il mangeat donc ses propres enfants, décidant de leur destinée. En ignorant qu’il s’agit de plantes médicinales que l’on ne peut pas consommer en grande quantité car sinon on tombe malade. Face à cette bêtise, à ce refus d’accepter ses connaissances, à ce manque de confiance, à ce refus d'accepter le fait que féconder une femme est indispensable pour avoir un bébé et qu'un homme ne peut pas avoir d'enfant tout seul, à ce refus d'accepter le fait que la femme est indispensable, la déesse refusa de lui offrir son sourire, son regard aimant qui
donne envie de vivre. "Je ne poserai plus sur lui (mon) 'regard-de-vie' jusqu'à ce qu'il meurt!" (Amour vrai). Et Enki tomba gravement malade, il soufffre atrocement, il dépérit. Un Homme sans le regard de sa femme lui offrant un véritable amour est un homme mort. Une femme peut donner la vie, mais aussi la mort, de la même manière qu’une plante médicinale mal consommée peut donner la mort, alors qu’utilisée avec intelligence, elle permet de guérir.

Enlil, dieu de l'air et frère d’Enki, s’inquiéta alors de son état de santé. Il envoya un renard rusé, au pelage lustré, pour demander à Nin-Hursag de pardonner. Elle était prête à pardonner, à lui offrir de nouveau son véritable amour (sexe, sentiments, regard amoureux), mais seulement si Enki se montrait capable d’évoluer, de devenir sage en l’écoutant. Se contenter de sexe et abandonner ensuite la femme n’est pas acceptable, ce n'est ni éthique ni durable.

Par solidarité fraternelle, Enlil parvient à convaincre la déesse de ne pas laisser mourir Enki. La déesse est alors prête à pardonner, si Enki évolue. Elle fait alors poser la tête d’Enki sur son sexe (l’origine du monde, la source du Mont de la vie, un lieu qui apaise) et lui demande où il a mal. Celui-ci lui indique les endroits de son corps où il souffre: sommet du crâne, cheveux, nez, bouche, gorge, bras, côtes, francs. A chaque zone de douleur (dont les côtes, "Ti", c'est à dire près du coeur) la déesse extirpe la plante médicinale en excès correspondante, et crée une déesse pour chaque plante, pour chaque zone douloureuse (Abu, Nintula, Ninsutu, Ninkasi, Nazi, Azimua et Nin-Ti, la "Maîtresse des côtes" ou "Maîtresse de la vie", maîtresse des mois - Iti -, car il y a autant de mois que de côtes, les battements du coeur mesurent le temps). Et Enki guérit, grâce à l'amour de Nin-Hursag, grâce à ces déesses qu'elle a créé pour lui. Alors qu’en se goinfrant égoïstement de ces plantes il tombait malade, en écoutant la déesse qui lui apprend à utiliser correctement ces plantes, il guérit. La déesse voit alors qu’Enki a changé, est devenu sage, et Enki et la déesse sont alors de nouveau très amoureux. Nin-Hursag et Enki, unis par un Amour vrai, créent alors les êtres humains. Si les êtres humains parviennent à devenir aussi sages qu’eux, s’ils parviennent à découvrir le véritable Amour par l'intelligence, la connaissance et le respect mutuel, s'ils ne commettent pas à leur tour le péché originel tel que décrit ci-dessus, alors ils accèdent au bonheur éternel, à l'immortalité accessible par des deux êtres qui s'aiment véritablement.

Dans un texte ultérieur et bien plus connu, Gilgamesh cherche précisément à atteindre l'immortalité, et se rend sur l'île de Dilmun. "Dans l’épopée de Gilgamesh, le héros cherche le secret de l’immortalité. Dans sa quête, il se rend sur l’île de Dilmun afin de rencontrer Ut-Napishtim, un homme immortel. Malheureusement, Ut-Napishtim ne connaît pas le secret de l’immortalité. Ce sont les dieux qui lui ont fait ce cadeau. Le vieux sage raconte alors à Gilgamesh une légende : celui qui mangera une plante aux propriétés merveilleuses, cachée au fond de la mer, deviendra immortel. Gilgamesh s’empare de la plante, mais se la fait voler plus tard par un serpent. C’est dans ce mythe qu’on explique pour la première fois la mue du serpent. Sur l’île de Bahreïn, on associe souvent la plante merveilleuse du mythe de Gilgamesh avec la perle"
http://www.legrandtour.fr/fr/module/99999672/17/gilgamesh

Moralité : L’homme est indispensable à la femme et réciproquement

1 - La femme a besoin de l’homme qui lui permet d’être fécondée. Sans le désir ardent, sans cette puissance fertilisante fécondante, sans l'acte sexuel, pas de bébé. Sans l’eau, l’île paradisiaque reste stérile.

2 - Le désir sexuel n’est pas tabou, c’est au contraire le moteur de la vie (c’est l’eau vitale apportée sur l’île paradiaque féminine), mais il faut le canaliser/civiliser afin que le développement soit durable. Se contenter de prendre du plaisir sexuel, et abandonner ensuite la femme avec les enfants n’est pas durable, n’est pas moralement acceptable. Avoir des relations sexuelles, c’est très bien, c’est naturel et vital, mais il faut ensuite assumer, et apporter raisins, pommes et concombres à la femme, c'est-à-dire travailler, cultiver la terre, se cultiver intellectuellement, être attentionné vis-à-vis de la femme.

3 - L’homme ne peut rien faire tout seul, il a besoin de la femme. Il ne peut pas consommer son propre sperme (ou les plantes provenant du sperme seul), tout seul dans son coin, c’est stérile. Copuler avec une femme est indispensable.

4 - Consommer tout et n’importe quoi comme un animal et rester dans l’ignorance, refuser l’éducation, les connaissances, la sagesse de la civilisation, c’est dangereux. Les connaissances, la sagesse, le respect mutuel, c’est cela devenir vraiment humain. Il convient d’apprendre, grâce à la sagesse féminine (connaissances scientifiques), à utiliser correctement les plantes qui soignent plutôt qu’a se goinfrer sans rien comprendre. Devenir subtil, à l’écoute. Devenir un véritable jardinier de la Terre-Jardin.

Quand un homme profite égoïstement d’une femme (la réciproque est vraie), elle génère alors la mort, quand un homme aime vraiment une femme, elle devient alors une source de vie infinie. Le mal est transformé en bien, grâce à la connaissance, à la sagesse, au véritable Amour. Quand on profite égoïstement des richesses de la planète-Terre, quand on est ignorant et aveugle face aux dégâts environnementaux, cela peut conduire à la mort. Mais quand on cultive avec intelligence et amour la Terre, alors elle est d'une générosité et d'une abondance incroyable

Cette histoire sumérienne, avec les trois degrés de l'amour (simple désir sexuel, dot équilibrée, puis amour vrai avec le regard de vie et le pardon) est vraiment fondatrice pour toute l'humanité. Mais elle a manifestement été soit très mal comprise, soit volontairement déformée (et même pervertie) par la suite.


Déformation du mythe sumérien en Egypte

« Au sein de l'océan primordial apparut la terre émergée. Sur celle-ci, les Huit vinrent à l'existence. Ils firent apparaître un lotus d'où sortit Rê, assimilé à Shou. Puis il vint un bouton de lotus d'où émergea une naine, auxiliaire féminin nécessaire [Quelle conception de la femme ! ndlr], que Rê vit et désira. De leur union naquit Thot qui créa le monde par le Verbe. »
http://fr.wikipedia.org/wiki/Thot

imagesCAJLIWKV.jpgC'est en offrant une fellation à Osiris qu'Isis parvient à le ressusciter et qu'ils ont pu concevoir leur fils Horus, Isis est donc une "naine" très importante, une géante en fait. Seth (le tueur d'Osiris) sodomise ensuite Horus (ou lui inflige une fellation, il se retrouve avec du sperme sur les mains) mais Isis parvient à récupèrer la semence, à nettoyer Horus de cette souillure (elle lui coupe d'ailleurs la main pour la remplacer par une autre main). Isis fait ensuite absorber par Seth du sperme d'Horus caché dans une laitue (laitue qui était considèrée à l'époque comme aphrodisiaque du fait de la sève blanche, le nom de genre scientifique de la laitue est d'ailleurs Lactuca, qui signifie Lait), alors que Seth se vantait devant l'Ennéade d'avoir abusé d'Horus. "Seth fait valoir son exploit devant l'assemblée des Dieux, qui s'accordent sur sa supériorité, mais Horus proteste. Seth fait alors demander à son sperme où il se trouve. Le sperme répond alors qu'il se trouve dans le corps de Seth; il est à sa place et non dans Horus. On questionne alors le sperme d'Horus, qui répond depuis le corps de Seth une phrase mythique: « Par où dois-je sortir? » [par la bouche ou l'anus ?]. Les Dieux éclatent de rire (ce qui est un phénomène très rare dans la mythologie). Seth fuit alors de rage et disparaît dans le désert. Horus reste le seul roi et héritier." (Plus de détails ici)

asherah-pole.jpgDéformation du mythe sumérien par les prophètes Juifs

Dans la Bible (La Génèse), Adam et Eve n'ont que des fils (Caïn, Abel et Seth), ce qui implique une copulation par la suite entre au moins un des trois fils et leur mère (dans le mythe sumérien, le père copule avec sa fille, sa petite-fille etc.). Et dans la Bible,  le péché originel est de consommer le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, soit exactement l'inverse du mythe sumérien. Dans le mythe de Ninhursag et Enki, consommer de manière intelligente ( = la tête calmement posée sur le sexe de la femme) le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal n'est pas du tout un péché. Consommer ce fruit (ces plantes médicinales) est au contraire indispensable à la guérison d'Enki.

La Bible est une synthèse de textes et récits sumériens et égyptiens, après la destruction de Jérusalem par les Babyloniens. Le moyen trouvé pour tenter d'unifier les tribus d'Israël a été de détruire le culte de la Déesse Ashera (et d'interdire de prononcer le nom du Dieu masculin car chaque tribu avait le sien), extermination de la Déesse qui porte le nom de monothéïsme. Les Juifs qui avaient fuit sur l'île égyptienne d'Elephantine suite à la destruction de Jerusalem ont vivement protesté face au projet du prophète Jérémie d'exterminer la Déesse. La même approche d'unification tribale a ensuite été utilisée par l'empereur Constantin (le catholicisme est né du judaïsme) en Europe, et par Mohamed en Arabie.

Ashera (Beth-Anat, Béthanie). " Généreuse et belle, Ashera est, dans la lignée des Astarté, Ishtar et Inanna, une déesse adulée par une grande majorité des hébreux du VIIe et VIe siècles av. notre ère, au côté de son époux. Elle possède une image dans le ciel puisqu’elle est assimilée à la planète Vénus comme ses consœurs mésopotamiennes. Elle n'était pas inconnue. Mais il s'agissait alors d'une simple déesse... en apparence. En effet, il y a peu, des inscriptions sur des stèles ont révélé aux archéologues que les hébreux vénéraient « Yahvé et son Ashera ».  Dieu a donc une femme! Voilà bien une hérésie pour ceux qui avaient mal interprété la présence de cette déesse mentionnée dans l’Ancien Testament notamment par Jérémie. Le prophète, en exil avec les juifs déportés à Babylone, reproche à ses compatriotes leur vénération pour cette déesse impure, représentée sur des statuettes comme une femme aux seins nus. L’entreprise de Jérémie reste sans succès : les juifs affirment que autant à Jérusalem qu’à Babylone, Ashera est généreuse et leur offre du pain en grande quantité. Et pour étayer leur propos, ils ne manquent pas de lui rappeler que d’autres avant lui leur avaient fait abandonner le culte d’Ashera et que le résultat fut « le glaive et la famine » (Jérémie 44, 17-19)."
Le papyrus d'Eléphantine, Egypte :
http://www.youtube.com/watch?v=48TeNWCfHuA

Wadjda_affiche.jpgNous avons besoin aujourd'hui de rédécouvrir le mythe sumérien original, et ainsi de favoriser le respect des femmes (et des hommes) partout dans le monde (y compris en Arabie Saoudite), et de plus devenir des gestionnaires responsables de la Terre-Jardin. Non pas exploiter avec violence et ignorance la Terre, mais la cultiver de manière vraiment durable, avec intelligence et sensibilité, avec des capteurs photosynthétiques performants (les plantes génétiquement sélectionnées voir modifiées) et des capteurs énergétiques performants (panneaux solaires, éoliennes etc.).  L'homme a le droit de modifier l'environnement terrestre, mais il doit le faire de manière intelligente, responsable, afin que la prospérité soit durable.

L'avenir, ce n'est pas l'abstinence, le renoncement et la décroissance, mais l'intelligence généreuse source d'abondance durable. Mais rien est acquis, la Wind-Water-Sun Electron-Economy découplante reste à construire.     

Olivier

          
NB - Documents annexes:
http://objectifterre.over-blog.org/pages/annexes-2270240.html 

 


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