Objectif Terre  | Au Nom de la Déesse-Mère

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Le blog-notes d'Olivier Daniélo | Eco-SphèriToile-ité. La crise écologique est une crise de filiation | « Il faut encore avoir du chaos en soi pour pouvoir enfanter une étoile qui danse (...) Zarathoustra (Sosie d'Abraham) créa cette fatale erreur qu'est la morale ; par conséquent il doit aussi être le premier à reconnaître son erreur » (Friedrich Nietzsche) | « Chaos ne signifie pas désordre » (Ilya Prigoine) | « Mais nous n'avons pas de Père. Varie toute seule nous a mis au monde » (Vari Ma Te Takere, Chant de la création, île Mangaïa) | « Le mariage détruit les familles» (dicton des Mosos du Tibet) | « La solution communiste de ce problème est l’organisation matriarcale, qui est en même temps la forme la plus parfaite de vie en société puisqu’elle libère et unit tout le monde en faisant du corps social lui-même le centre et la garantie de la plus haute liberté individuelle. Le matriarcat ne connaît pas de limites ni de normes, pas de morale ni de contrôle en ce qui concerne la sexualité » (Otto Gross, psychiatre) | Ana Al Haqq | 2007-2017: 3.805.434 pages vues | Vous cherchez un article ? RDV sur google.fr: écrire ses mots clés suivis de l'opérateur site:electric-ecosystem.com | @ElectricEcosyst | Contact: olivierdanielo (at) gmail.com | Bio: https://sites.google.com/site/olivierdanielo/

Réchauffement climatique - Une pause qui dérange


temp.png Le présent article a été transmis le 8 avril 2010 à Monsieur Jean Salençon, président de l'Académie des Sciences, à Messieurs Claude Allègre et Vincent Courtillot, académiciens, ainsi qu'à Monsieur Alain Fuchs, président du CNRS, ceci dans le cadre de l'appel au débat, à l'ouverture et à l'éthique intellectuelle lancé par les pétitionnaires anti-Claude Allègre.

 

- Monsieur Vincent Courtillot, directeur de l'IPGP, m'a répondu, et m'a transmis à cette occasion plusieurs de ses publications (à propos de l'hypothèse solaire) dans des revues scientifiques internationales à comité de lecture. Il a partagé cette réponse à plusieurs membres de l'académie des sciences.   

- Madame Valérie Masson-Delmotte, chercheuse au LSCE et à l'origine de la pétition, m'a confirmé avoir pris connaissance de l'article et reconnaît l'erreur signalée. S'en est suivi un  échange que j'estime enrichissant, dans une ambiance de respect mutuel. Cet échange est disponible ici. 

- Monsieur Philippe Rogel, chercheur au CERFACS, m'a également confirmé avoir pris connaissance de l'article (un extrait de notre échange est disponible ici), et reconnaît l'erreur signalée, mais regrette que je n'ai pas cité plus amplement Phil Jones (BBC). J'ai modifié l'article suite à ce commentaire, en prolongeant la citation de Phil Jones (la prolongation est indiquée en vert). Mon commentaire à ce sujet : Une tendance sur 15 ans, cela a commence sérieusement à avoir du sens sur le plan climatique (une tendance climatique se définie sur 30 ans, 2 x 15 = 30). Le problème de ces 15 dernières années, c’est que les données sont trop dispersées (du fait des El niño / La niña). Donc quand on fait un calcul de régression (1995 – 2009), on obtient une pente de 0,012°C par an, mais cette pente n’est pas significative du fait de la dispersion des températures. Donc si on est  rigoureux, on peut dire qu’il n’y a ni tendance au réchauffement, ni tendance au refroidissement, ni stagnation. On peut juste dire que les résultats sont trop dispersés. Ceci dit, entre 1980 et 1994, il y avait une tendance au réchauffement significative sur le plan statistique, tendance a a été perdue entre 1995 et 2009. Cette perte de la tendance permet aux climatologues cités (allemands, américains) d’affirmer qu’il y a un ralentissement, une stagnation, une pause. Cette tendance vers la stagnation est encore plus claire avec les moyennes déceannales glissantes :

 

Les années à venir seront déterminantes pour confirmer ou infirmer cette tendance à la stagnation.

 

-  Cet article a été publié sur le site L'Expansion.com / La chaîne énergie le mardi 12 avril 2010, ceci suite à la demande de Léa-Sarah Goldstein, journaliste associée à la Chaîne énergie.

- Mademoiselle Sophie Verney-Caillat, journaliste, a fait écho sur Planète89 (Rue89) de cet article (voir ici). 

 

 

    Une pause qui dérange

 

Le réchauffement marque une pause, sauf dans le "correctif" réalisé par les pétionnaires anti-Claude Allègre.  

 

Par Olivier Daniélo   (qui est ni "climato-sceptique", ni "climato-alarmiste" mais favorable au climato-pluralisme)  

 

La pétition anti-Claude Allègre lancée par des scientifiques travaillant dans le domaine des sciences du climat a beaucoup surpris. "Une étrange pétition" titre la rédaction des Echos [1]. "Comme si c’était à Sarkozy ou à sa ministre de juger de la pertinence ou de l’impertinence d’une théorie scientifique" écrit Jean-François Khan dans Marianne [2] "Triste spectacle que ces escouades de savants se réfugiant dans les jupes de Valérie Pécresse, pour que leur ministre les protège de Claude Allègre" renchérit Christophe Barbier dans l'Express [3].  "Les choses étaient décidemment bien plus simple au temps de Galilée" ironise le journaliste scientifique Jean-Yves Nau sur Slate.fr [4].  En harmonie avec "La religion de la catastrophe", tribune du biologiste et philosophe Henri Atlan dans Le Monde [5], et avec "Nous ne sommes plus au moyen-âge", tribune de l'historien Jacques Le Goff [6],  le physicien et épistémologue Jean-Marc Lévy-Leblond avertit dans Libération"(...) La pétition adressée par plusieurs centaines de chercheurs en climatologie à leurs autorités de tutelle ouvre, de l’intérieur, une brèche sans précédent dans la défense de l’autonomie intellectuelle qu’a toujours revendiquée le milieu scientifique (...)" [6]

 

    Mais, au-delà de l'autoritarisme sur la forme, qu'en est-il du fond, sur le plan scientifique ? Les signataires de la pétition anti-Claude Allègre déclarent dans un document qui accompagne la pétition : "Les différents points relevés ci-dessous nous semblent mériter une discussion approfondie et pourraient être abordés dans un débat scientifique que nous appelons de nos voeux (...) [7 - page 1 du PDF] (...) En ce qui concerne l’évolution de la température globale au cours des derniers 10 ans, il est possible de faire un calcul de tendance sur 1999. Dans les deux cas, une tendance positive (de 0.9 à 1.2°C par 10 ans) mais non significative est détectée." [page 6 du PDF]. Il ne s'agit pas d'une tendance de "0,9 à 1,2°C par 10 ans", mais de 0,09 à 0,12°C par 10 ans. Ajoutons de plus que les écarts entre la courbe rouge (estimation par une équipe anglaise de l'évolution des  températures annuelles moyennes de la terre) et la courbe bleue (estimation par une équipe américaine de l'évolution des  températures annuelles moyennes de la même terre) sont souvent de l'ordre de 0,10°C.

 

Mais surtout, il aurait été bien plus pertinent que les "correcteurs" du livre de Claude Allègre  présentent la tendance sur 15 ans et non sur 10 ans. Une tendance sur 15 ans a plus de valeur qu'une tendance sur 10 ans. Il n'y a pas de tendance au réchauffement depuis 15 ans, comme l'a confirmé d'ailleurs sans ambiguité Phil Jones, directeur du CRU d'East Anglia, dans une interview pour la BBC [8], [9]. Question du journaliste de la BBC :"Do you agree that from 1995 to the present there has been no statistically-significant global warming"; Réponse de Phil Jones "Yes, but only just. I also calculated the trend for the period 1995 to 2009. This trend (0.12C per decade) is positive, but not significant at the 95% significance level. The positive trend is quite close to the significance level. Achieving statistical significance in scientific terms is much more likely for longer periods, and much less likely for shorter periods". Le réchauffement marque une pause depuis 15 ans et les scientifiques n'ont aucune explication à propos de cette pause. C'est cela la réalité. Comment justifier cette omission par les "correcteurs" qui agissent, disent-ils, au nom de la transparence et de l'éthique ? Il se pose un problème d'ordre déontologique. 

 
On peut proposer une explication à cette incapacité des défenseurs français de la thèse anthropique (GIEC) à reconnaître clairement cette pause :
  

(1) admettre cette pause du réchauffement depuis 15 ans serait, de fait, admettre que les oscillations océaniques multidécennales (AMO, PDO) ont une influence au moins aussi importante que les gaz à effet de serre d'origine humaine à l'échelle mutlidécennale. C'est l'interprétation de nombreux scientifiques.

(2) Or si les oscillations océaniques multidécennales ont été depuis 10-15 ans assez puissantes pour contrebalancer les gaz à effet de serre, cela conduit à admettre qu'il est tout à fait possible que la hausse des températures observée entre les années 70 et 90 ait été amplifiée par ces mêmes oscillations océaniques dont l'influence allait alors dans l'autre sens. 

(3) Bref, cela conduirait à admettre que l'affirmation du GIEC "il y a 90% de chance que les gaz à effet de serre émis par l'homme sont responsables de l'essentiel du réchauffement" est abusive, ce qui ne veut pas dire, bien entendu, que les gaz à effet de serre anthropiques n'ont aucun impact (précisons d'ailleurs que le "90%" n'a aucune base mathématique, comme le souligne à juste titre le mathématicien Benoît Rittaud, spécialiste des probabilités). 

 

null  Pour Mojib Latif, directeur de recherche à l'Institut Leibniz des sciences marines en Allemagne : "A l'heure actuelle, le réchauffement est en train de prendre une pause (...) Il y a vraiment aucun argument face à cela. Nous faisons face aux faits". Jochem Marotke, directeur de l'institut de métérologie Max Planck confirme : "On ne peut pas nier qu'il s'agit du sujet scientifique le plus brûlant du moment. On ne sait vraiment pas pourquoi cette stagnation arrive maintenant". [10] Les climatologues américains, comme par exemple Kevin Trenberth, vont encore plus loin : "Le fait est que l'on ne sait pas expliquer cette absence de réchauffement, et c'est ridicule que nous ne puissions pas le faire" [11]. Don Easterbrook, Université de Washington insiste sur l'hypothèse océanique : "L’Oscillation Pacifique Décennale est passée en mode froid, ce qui nous conduit probablement vers 3 décennies de refroidissement global ». Roy Spencer également : « L’oscillation Pacifique Décennale (PDO) est une clé dans le débat sur le réchauffement global ». Et Judith Curry, climatologue au Georgia Institute of Technology, d'ajouter : « (…) Les oscillations océaniques multidécennales ne réfutent pas le réchauffement global anthropique, mais on ne peut pas les mettre de coté. Nous devons les intègrer à l'histoire. Nous avons eu deux "bosses"  (dans les années 90, mais aussi dans les années 30-40) qui ont peut-être la même cause. Donc il est possible que nous ayons exagéré la tendance au réchauffement observé durant la seconde moitié du XXième siècle en n'interprètant pas correctement ces bosses comme étant liées aux oscillations océaniques (…) » [12]De nombreuses études publiées dans des revues scientifiques à comité de lecture appuient ces déclarations dans les médias : Takashi Mochizukia 2009 [13], Noel Keenlyside, 2008  [14],  Zhen-Shan L. et Xiam S., 2007 [15], etc. Dans une étude publiée en janvier 2010 dans la revue Science [15'], Susan Solomon (lead author dans le dernier rapport du groupe 1 du GIEC) et d'autres climatologues écrivent : «La tendance de la température globale de surface a été presque plate depuis la fin des années 90 et ceci malgré la hausse du forçage due à la somme des gaz à effet de serre».

 


L'hypothèse océanique permet de relativiser sérieusement l'influence des gaz à effet de serre dans le réchauffement observé durant la seconde moitié du XXième siècle, mais il semble que le bureau du GIEC, du moins ses représentants en France, ne soient pas encore prêts à l'admettre au grand public de manière transparente. Il est regrettable, comme l'a souligné la climatologue Judith Curry, que la propension au "tribalisme climatique" [16], [16] et que les réflexes de préservation des égos nuisent au progrès scientifique. Ce tribalisme a des conséquences dans les médias français, et certains journalistes sans formation scientifique, comme par exemple Sylvestre Huet [17], ne sont à l'évidence pas armés pour détecter ces biais d'origine clanique, se contentent de répèter (en croyant vraissemblablement agir pour le "bien", nul n'en doute) ce que certains climatologues obéissant à un agenda politique  leur disent, et ils induisent ainsi leurs lecteurs dans le même biais. 

De nombreux climatologues s'attendent à ce que la pause du réchauffement (voir même un refroidissement) dure jusqu'à 2030 ou 2035, et à ce que les hivers deviennent globalement plus froids, comme le souligne à juste titre Claude Allègre.  Mojib Latif, janvier 2010 :  "A significant share of the warming we saw from 1980 to 2000 and at earlier periods in the 20th century was due to these cycles - as much as 50 per cent. 'They have now gone into reverse, so winters like this one will become much more likely. All this may well last two decades or longer. 'The extreme retreats that we have seen in glaciers and sea ice will come to a halt. For the time being, global warming has paused, and there may well be some cooling." [18] L'analyse de Claude Allègre à propos du GIEC est en phase avec celle du climatologue Richard Lindzen, titulaire de la chaire de météorologie du prestigieux Massachuchetts Institute of Technology (MIT). Richard Lindzen : "Comment est-on arrivé à ce consensus du GIEC  ? Ce qui a été fait, c'est qu'ils ont pris un grand nombre de modèles informatiques qui ne peuvent pas simuler correctement les oscillations naturelles (telles que El niño / La niña, l'oscillation pacifique decennale, l'oscillation atlantique multidécennale), ont affirmé que ces modèles rendent compte correctement de la variabilité naturelle, et se sont basés sur le fait que ces modèles ne peuvent pas expliquer le réchauffement entre les années 70 et les années 90 pour affirmer qu'un forçage était nécessaire, et que ce forçage devait être d'origine humaine. Il s'agit d'un rejet de la logique scientifique." [19]. Claude Allègre : "Il faut que le GIEC se décide à tenir compte des faits observés et si les modèles ne « collent » pas avec la réalité, le GIEC doit avoir l’honnêteté de l’admettre."   Bien entendu, cette critique, qui porte sur le coeur de la doctrine du GIEC, est très fortement dérangeante. Mais les analyses dérangeantes sont très utiles pour le progrès scientifique. Il serait sans doute bienvenu de méditer ces propos de Karl Wunsch, océanologue au MIT :  "Quand des conclusions hyper simplifiées sont transformées en vérités, un champ d’études peut être déformé pendant des décennies avant que sa fondation bancale soit finalement reconnue. »

 

Dans sa chronique à propos de la pétition anti-Allègre, Christophe Barbier n'y va pas par quatre chemins quand il propose une explication à cette dérive :  "(...) Aussi affligeante est la crispation capricieuse des adversaires d'Allègre. La colère légitime des savants anonymes est polluée par la jalousie de mandarins aux succès d'édition étiques et, parfois, par les ruses de quelques idéologues. C'est ainsi que le noble combat pour l'environnement se corrompt de la funeste lutte pour la décroissance. Les plus extrémistes trimballent même, dans les fourgons du sauvetage de la planète, un altermondialisme de pacotille et un anticapitalisme de contrebande, et ils cachent sous le vert de leur discours le rouge de leur pensée -quand ce n'est pas du brun (...)" [20


J'ai contacté  Jean Jouzel, géochimiste, membre du bureau du GIEC, promoteur de la taxe carbone [21] et pétitionnaire anti-Claude Allègre, à propos des oscillations océaniques multidécennalles (Keenlyside 2007 [22]), des variations de la vapeur d'eau stratosphérique (Solomon, 2010 [23]) et de l'aérosol carbone-suie (Ramanathan, 2008 [24]). Voici sa réponse : "Naturellement les études de détection - attribution seront refaites en tenant compte de ces nouveaux résultats."
  - A noter qu'un lien entre oscillations océaniques multidécennales (PDO) et variation de la vapeur d'eau stratosphérique est possible, comme me l'a confirmé une climatologue française qui a préfèré rester anonyme.  Tous les français ont entendu parlé du C02 et de l'effet de serre, ils ont été copieusement servis à ce sujet dans les médias. Mais quelle est la proportion des français qui ont connaissance des oscillations océaniques multidécennales, de la PDO,  de l'AMO ?  En attendant la publication du 5ème rapport du GIEC en 2013-2014, n'est-il pas essentiel, compte-tenu de l'ampleur des enjeux économiques (des trillions d'euros), sociaux, politiques et géopolitiques (relations nord-sud notamment), que les citoyens français soient informés dès à présent de ces nouveaux résultats ? Les citoyens français méritent mieux que des gue-guerres puériles d'égos entre scientifiques.  

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